Nouvelle politique des Etats-Unis

Publié le par Pham Anh Dung

Nouvelle théorie de la politique moderne  
 

Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres 

Aujourd'hui, nous revenons à la politique moderne. Pourquoi George W. Bush affirme-t-il aux latino-américains que les Etats-Unis sont engagés dans la "justice sociale" plutôt que dans la bonne vieille justice tout court, plus modeste ? Et comment se fait-il que les "conservateurs" américains sont opposés au "conservatisme" de leurs grands-parents ? 

* Nous avons une théorie à proposer. 

* Nous rappelons nos notes de la semaine dernière : il y a deux grands thèmes dans la théorie politique moderne -- l'individualisme et le collectivisme. Selon l'individualisme, un homme devrait se prendre en charge. "Justice" est faite, selon son point de vue sur les choses, lorsqu'on n'interfère pas indûment avec ses affaires. Le monde prend alors la forme qu'il prend, en fonction des résultats individuels de l'humanité. 

* Le collectivisme, de son côté, c'est l'idée que le "collectif" politique -- l'Etat -- devrait s'occuper de tout le monde. Il implique que la forme de la société -- le résultat -- n'est pas laissée au hasard, mais décidé collectivement, ou par les ministres de l'élite de la collectivité. La "justice sociale", c'est ce qu'on obtient que l'élite apprécie le résultat. 

* Les Etats-Unis -- en théorie comme dans les faits -- sont un pays fondé sur le roc de l'individualisme. Peu importait ce que l'élite souhaitait. Mais à présent, son président "conservateur" propose un concept de justice que Marx ou Lénine aurait apprécié. Non seulement ça, mais il verse le sang et l'argent du pays pour rendre les gouvernements de l'autre côté du monde plus conformes à ses souhaits. Et il prend des centaines de milliards de dollars à des individus -- dont bon nombre ne sont pas encore nés -- pour récompenser ses groupes préférés par des médicaments, du pain, des jeux ou des contrats gouvernementaux. 

Nous avons parlé vendredi du fait que le président américain actuel est pris dans le même piège que Wilson et Roosevelt I. Ils voulaient exhiber leurs tout nouveaux muscles. Les Etats-Unis étaient devenus la première économie au monde, au début des années 1900. A présent qu'ils avaient du pouvoir, ils voulaient se lancer dans la politique... pousser et jouer des coudes... porter de drôles de chapeaux emplumés... s'asseoir à la table des négociations avec les chargés d'affaires français, britanniques et russes -- rien que l'idée les faisait frissonner d'aise -- et re-découper le gâteau mondial... décider du destin des nations... redessiner la carte terrestre. Bien entendu, tout cela était parfaitement contraire à l'idéal américain, qui voulait qu'un peuple libre détermine son propre destin et décide lui-même de sa forme de gouvernement.

* Les pauvres Wilson et Roosevelt travaillaient encore au sein de l'ancien système américain. Dans le Tennessee et en Georgie, les gens ne voulaient rien avoir à faire avec la domination du monde. Ils avaient encore la Déclaration d'Indépendance punaisée au mur. Ils entendaient encore les mots de George Washington -- "éviter de s'engager à l'étranger" -- leur résonner aux oreilles. Ils pensaient encore que seul le Congrès avait le pouvoir de déclarer la guerre ; les autochtones n'avaient rien contre une bonne bagarre, mais ils voulaient une excellente raison de s'y lancer. 

* Les vieux fraudeurs ont donc dû mentir... ils ont dû parler de "rendre le monde plus sûr pour la démocratie" et de "protéger les intérêts américain" (bien entendu, il n'y en avait pas... mais les lumpen ne le savaient pas)... de rendre la planète plus semblable aux Etats-Unis -- plus libre, plus prospère et plus démocratique. 

* George W. Bush continue ces sottises, mais la tâche lui est bien plus facile. Les Américains ont généralement oublié l'idée d'individualisme. Ils veulent des écoles publiques, la sécurité sociale et leurs retraites. Bush II arrive avec son ridicule "Guerre contre la Terreur", et personne ne rit. Parce que les Américains, comme tout le reste du monde ou presque, sont devenus collectivistes. Si une ville est inondée, ses habitants attendent de voir l'Etat débarquer avec tentes, caravanes et beignets pour tout le monde. Si un homme tombe malade, il attend que l'Etat lui offre le traitement médical... ou, au moins, réglemente le marché pour que ce soit "accessible". Si une poignée de fanatiques fait exploser quelques immeubles de bureaux à Manhattan, il veut que tout le corps des Marines aille faire la loi sur la planète entière -- que cela ait quoi que ce soit à voir avec le crime lui importe peu ; tout ce qu'il veut, c'est que son gouvernement refasse la face du monde, si nécessaire, pour que l'endroit lui soit plus agréable.

* Les anciens pionniers... les colons... les fermiers... les inventeurs... les magnats du pétrole -- tous les gens qui ont fait les Etats-Unis -- ils étaient stupides, ils étaient intelligents... ils étaient vicieux, ils étaient des saints. Mais quoi qu'ils aient été... ils se tenaient droits. Comment est-il possible que ces Américains bourrus et résolus se soient transformés en de telles mauviettes ? 

* Restez à l'écoute, cher lecteur... restez à l'écoute.

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Publié dans Politique

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