Solidarité avec Ecrivains/Journalistes réprimés au VN

Publié le par Pham Anh Dung

Solidarité avec les Écrivains et les Journalistes Dissidents

et Défenseurs des Droits de l’Homme persécutés et réprimés au Viêt-Nam 

 

En mai 2006, le Congrès mondial du PEN International à Berlin, en RFA, a adopté une Résolution condamnant les graves atteintes au droit à la liberté d'expression et d’opinion au Viêt-Nam. De nombreux écrivains et journalistes ont été arrêtés et détenus arbitrairement, ou condamnés à de lourdes peines de prison à la suite des procès non conformes aux normes internationales, en violation de leur droit de parler, d'écrire, de rechercher, recevoir et diffuser des informations sur l'Internet, et de s'associer librement. PEN International demande aux autorités vietnamiennes de


1) Relâcher immédiatement et inconditionnellement toutes les personnes qui ont exercé leur droit à la liberté d’expression, restant encore en prison ou en détention probatoire et administrative, en résidence surveillée.

2) Cesser toutes les attaques, tous les harcèlements, intimidations et humiliations, toutes les arrestations arbitraires et poursuites judiciaires, toutes les sanctions économiques et financières à l’encontre des écrivains et journalistes indépendants.

3) Améliorer les conditions carcérales et permettre aux prisonniers en mauvaise santé d’être hospitalisés, de recevoir des soins médicaux adéquats et des visites de leurs familles.

4) Abolir la censure et lever toutes les restrictions sur la liberté d’expression et de la presse et la liberté de créer et de publier.  

 

Différentes formes de persécution et de répression des écrivains et journalistes dissidents et défenseurs des Droits de l’Homme au Viêt Nam:


Harcèlements, interrogations, jugements populaires, humiliations, menaces, dénonciations, diffamations, insultes, blocage des lignes téléphoniques, interdiction d’accès à l’Internet, confiscation des biens, matériel et outils de recherche, de rédaction et de publication (ordinateurs, machines à écrire, manuscrits, courriels, livres, documents, dossiers des plaintes soumises par de milliers de paysannes dépouillées de leurs terres, maquettes des journaux non censurés, etc.), agressions physiques, passages à tabac, accidents provoqués par les policiers en civil et individus anonymes, pressions sur les proches et sur les sociétés – employeurs (mise au chômage), fortes amendes, campagnes de presse d’accusation, résidence surveillée, internement de force dans les hôpitaux psychiatriques, arrestation arbitraire, incarcération préventive, procès à huis clos, absence de défendeurs, condamnations injustes et inhumaines, tortures, mise en cachot, conditions carcérales misérables, etc.  

 

Des cas exemplaires 

 

Nguyên Vu Binh, 39 ans, journaliste et essayiste, membre honoraire du Centre PEN Suisse Romand, ex-collaborateur à une revue officielle du Parti communiste. Le 25 septembre 2002, il a été arrêté pour avoir publié plusieurs articles sur l'Internet plaidant pour des réformes politiques, économiques et sociales, ainsi qu'un témoignage sur les violations des droits de l'homme. Le 31 décembre 2003, Nguyên Vu Binh a été condamné pour "espionnage" à 7 ans de prison et 3 ans de détention probatoire et déporté au camp de travaux forcés. Il était mis en cachot durant 15 mois de détention préventive. Sa santé était très mauvaise après des semaines de grève de la faim en mai 2004 pour que sa femme puisse lui rendre visite. Depuis, le cyberdissident est détenu dans une cellule exiguë du camp avec des prisonniers de droit commun. Nguyên Vu Binh souffre d’une maladie intestinale chronique et d’hypertension sans avoir eu accès aux soins médicaux adéquats et urgents alors que les conditions carcérales demeurent misérables. Le 10 octobre dernier, le Comité du PEN International de défense des écrivains en prison avait demandé aux autorités de Hanoi de permettre d’urgence à Nguyên Vu Binh de voir un spécialiste pour établir un diagnostic et de pouvoir se faire soigner dans un hôpital, tout en réclamant sa libération immédiate et inconditionnelle. Prix Liberté d'expression Lillian Hellman/Dashiell Hammett 2002 (décerné par Human Rights Watch).  

 

Lê Dinh Nhân (Nom religieux Thich Huyên Quang) 87 ans, intellectuel et érudit bouddhiste, auteur d'ouvrages importants sur le Bouddhisme et la Philosophie orientale, Patriarche suprême de l’Eglise Bouddhiste Unifiée du Viêt Nam (non reconnue par l’Etat communiste) proposé comme candidat au Prix Nobel de la Paix en 1979 par deux lauréats de ce Prix, Mairead Corrigan et Betty Williams (1976), ancien prisonnier de conscience, membre honoraire des Centres PEN Anglais, Danois, Français et de Sydney. Lê Dinh Nhân a déjà été détenu et placé en résidence surveillée maintes fois pour avoir publié des documents critiquant la politique gouvernementale en matière de liberté d'expression et de conscience. Déporté en 1995 à une zone isolée de Quang Ngai province, transféré pour exil intérieur en 2003 à Binh Dinh province. Tenu au secret sous étroite surveillance policière. Santé est très fragile.  

 

Dang Phuc Tuê ((nom religieux Thich Quang Dô), 78 ans, écrivain et poète, secrétaire général de l'Institut pour la propagation du Dharma, ancien prisonnier de conscience, placé en détention administrative au monastère Thanh Minh Thiên Viên (ex-Saigon), après sa libération en août 2001. Depuis cette année-là, Dang Phuc Tuê a été soumis à des interrogatoires, interpellé en février 2006 pour avoir tenté de rendre visite au Patriarche suprême Thich Huyên Quang. Prix Rafto 2006 lui a été attribué le 6 novembre 2006 à Bergen, en Norvège mais il n’a pas pu assister à la cérémonie.  

 

Trân Khai Thanh Thuy (plusieurs noms de plume Nguyên Thai Hoàng, Nguyên Thi Hiên…), 46 ans, écrivaine et journaliste, a été arrêtée à Hanoi le 2 septembre 2006 dans un cyber café "pour avoir utilisé Internet sans respecter les règlements du gouvernement. " Relâchée le lendemain matin sans que sa famille ait été avisée de son arrestation, elle a ensuite subi pendant 3 semaines de longs interrogatoires pour avoir écrit sur les victimes d'injustice sociale, en particulier sur de milliers de cas d'abus de pouvoir contre des paysannes spoliées et incapables de se défendre contre des expropriations ou les abus de fonctionnaires corrompus. Dans un stade, elle a été livrée par la police au jugement "populaire" d'une foule qui l'a houspillée, accusée, critiquée et humiliée. Le lendemain soir, une autre foule hostile a entouré son domicile en la menaçant et même en l'attaquant. Depuis, parce qu'elle a refusé de se présenter au poste, elle est aux arrêts chez elle. Sa maison a été fouillée, ses livres, manuscrits et documents, ainsi que son ordinateur confisqués. Le soir du 27 octobre, en présence des policiers, une foule ont déferlé sur sa maison. Elle et son mari y ont été battus brutalement. Sa maison a été fouillée, ses livres, manuscrits et documents, ainsi que son ordinateur confisqués.  

 

Bui Kim Thành, avocate et cyber dissidente, défenseuse des Droits de l’Homme, a été si violemment tabassée par la police de sécurité chez elle, dans sa propre salle de bains que sa figure était tuméfiée et ses dents cassées. Ceci pour avoir défendu et exprimé sa solidarité avec de pauvres paysannes du Mékong qui voulaient enregistrer des pétitions contre des expropriations et des abus. Le 2 novembre, la police l’a menée à l’hôpital psychiatrique de Cho Quan à Saigon. Après l’examen, les deux docteurs en service ont affirmé que Bui Kim Thành était en bonne santé mentale. Selon les dernières nouvelles, elle a été internée de force dans le grand établissement psychiatrique de Biên Hoa, au nord de l’ex-Saigon.  

 

Lê Thi Công Nhân, 27 ans, avocate, membre du barreau de Hanoi et de l’Union Internationale des Avocats UIA, cyber dissidente, défenseuse des Droits de l’Homme, quotidiennement harcelée, interrogée dans les postes de police de sécurité. Depuis le 14 novembre, son domicile a été a encerclé et surveillé jour et nuit par une vingtaine de policiers en civil. La nuit du 26 octobre, sur l’ordre verbal du département général de la sécurité du ministère de la sécurité publique, à une dizaine de minutes avant le départ de l’avion, elle a été interdite d’embarquer pour se rendre à la capitale polonaise via Paris. En fait, elle a été empêchée de participer à la Conférence Internationale de Varsovie sur les droits des travailleurs vietnamiens (syndicat indépendant inexistant au Viêt Nam), conférence parrainée par de nombreux parlementaires polonais et du syndicat Solidarność qui avait lieu au Sénat polonais du 28 au 30 octobre 2006. Le lendemain matin, elle a été blessée dans un accident de rue provoqué par des policiers lorsqu’elle se rendait à la compagnie aérienne.  

 

Duong Thi Xuân, enseignante et journaliste, cyber dissidente. Résidence étroitement surveillée et interrogations incessantes au poste de la sécurité, sous la menace d’une arrestation depuis le 12 août. Ceci à trois jours seulement avant la parution du journal indépendant interdit Tu Do Dân Chu (devenu clandestin et publié sur Internet) prévue le 15 août 2006, dont elle serait la secrétaire de rédaction. Grièvement blessée dans un accident de rue provoqué par un individu qui serait un policier en civil, le 29 octobre 2006.  

 

Hoàng Tiên, 74 ans, ancien maître assistant à l'école de cinématographie de Hanoi et écrivain, ancien prisonnier d’opinion. Ses oeuvres abordent principalement des problèmes sociaux. Résidence étroitement surveillée et interrogations incessantes au poste de la sécurité, sous la menace d’une nouvelle arrestation depuis le 12 août. Ceci à trois jours de la parution du journal interdit Tu Do Dân Chu prévue le 15 août 2006, dont il serait le rédacteur en chef.  

 

Nguyên Khac Toàn (noms de plume Trân Minh Tâm et Dang Kim Giang), 51 ans, journaliste et essayiste, ancien prisonnier d’opinion (membre honoraire du Centre PEN Hongrois, relâché en janvier 2006). Arrêté le 8 janvier 2002 pour ses témoignages sur "la révolte paisible" des pauvres paysans, plusieurs articles sur la corruption et l'injustice. En décembre 2002, condamné à 12 ans de prison et 3 ans de détention probatoire pour "espionnage" . Résidence surveillée et interrogations incessantes au poste de la sécurité, sous la menace d’une nouvelle arrestation depuis le 12 août. Ceci à trois jours de la parution du journal interdit Tu Do Dân Chu prévue le 15 août 2006, dont il serait rédacteur en chef adjoint. D’autres collaborateurs du journal interdit, avocat et rédacteur Nguyên Van Dài, ingénieur chargé de la maquette Bach Ngoc Duong, sont soumis aux mêmes mesures de répression. 

 

Pham Hông Son, 38 ans, médecin, essayiste et traducteur, ancien prisonnier d’opinion, membre honoraire des Centres PEN Français, Canadien et de Sydney, relâché fin août 2006, assigné à 3 ans de détention probatoire. Son téléphone est bloqué. Il a été attaqué dans la rue par une dizaine de policiers après avoir rendu visite à Hoàng Minh Chinh, un ancien prisonnier d’opinion âgé de 86 ans. Pham Hông Son a été battu et accusé à grands cris de trafic de faux billets. Nguyên Xuân Nghia, membre de l’Union des écrivains de Hai Phong, qui est venu le voir a été intercepté en pleine rue sur des accusations semblables. Au poste, les deux écrivains ont été interrogés seulement sur leurs conversations, entre eux et avec Hoàng Minh Chinh. Le 3 et le 9 novembre, Pham Hông Son, sa femme et leurs deux enfants ont été victimes de deux accidents provoqués par des individus masqués roulant en motos et en voiture. Pham Hông Son a été blessé au bras.  

 

Dô Nam Hai (nom de plume Phuong Nam), 47 ans, essayiste dissident, a été interpellé le 15 octobre 2006 et accusé pour espionnage et propagande anti-socialiste. Il serait visé pour avoir rédigé la Déclaration de l'Alliance pour la Démocratie et les Droits de l'Homme au Viêt Nam publié sur Internet le 16 octobre 2006. Il est soumis à des interrogations et harcèlements en permanence. 

 

Nguyên Hông Quang, 48 ans, pasteur ménnonite, essayiste et juriste défenseur des Droits de l’Homme, ancien prisonnier de conscience, relâché le 30 août 2005. Il est soumis à des harcèlements et menaces en permanence.  

 

Lê Nguyên Sang (nom de plume Nguyên Hoàng Long) et Huynh Nguyên Dao (nom de plume Huynh Viêt Lang) dissidents et activistes pour la Démocratie et les Droits de l’Homme, arrêtés autour du 14 août 2006 pour leurs écrits publiés sur Internet.  

 

Dernières nouvelles : Depuis le 12 novembre, la police a posté plusieurs agents devant les maisons de plusieurs dissidents défenseurs des Droits de l’Homme pour les empêcher de recevoir des visiteurs. Même des panneaux ont été plantés avec cette inscription en anglais ‘’Zone réglementée’’, ‘’entrée interdite’’, ‘’étrangers non admis’’, ‘’appareil-photo et caméra interdits’’. Parmi les personnes isolées de force : Hoàng Minh Chinh, Lê Chi Quang, Nguyên Thanh Giang, Pham Hông Son, Bach Ngoc Duong, Hoàng Tiên, Nguyên Khac Toàn, Nguyên Van Dài, Lê Thi Công Nhân, Trân Khai Thanh Thuy, etc.  

 

Sources des informations:  

 

Ligue vietnamienne des droits de l’homme en Suisse

et Centre des écrivains vietnamiens en exil.

 

 

 

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Publié dans Droits de l'Homme

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